« Nous sommes dans une situation financière intenable. On ne peut pas continuer à laisser à la seule charge des départements ce qui relève de la solidarité nationale », dénonce François Sauvadet.
« La situation est grave » et « on va droit dans le mur », alerte sur franceinfo François Sauvadet, président des Départements de France et président du département de Côte-d’Or, alors que ces derniers franchissent mercredi 18 juin leur « jour du dépassement », un seuil symbolique à partir duquel ils assument seuls la quasi-totalité de leurs dépenses, faute de soutien suffisant de l’État.
Depuis des mois, François Sauvadet multiplie les alertes auprès du gouvernement face à une crise sans précédent : « Nous sommes dans une situation financière intenable. On ne peut pas continuer à laisser à la seule charge des départements ce qui relève de la solidarité nationale. On va droit dans le mur, parce qu’on est dans une situation financière catastrophique. »
« L’État nous fait les poches« , dénonce-t-il. Deux chiffres illustrent l’ampleur de la situation : « Il y a trois ans ou quatre ans, 54% de la dépense de nos départements était de la dépense sociale, le restant, ce sont les routes, l’investissement dans les collèges, les communes, les pompiers. Aujourd’hui, on est à 70%. » Le nombre de départements en difficulté a explosé : « On avait 14 départements en difficulté il y a deux ans, il y en a 60 aujourd’hui qui sont en très grande difficulté avant la fin de l’année. »
« Arrêter de charger la barque »
François Sauvadet dénonce l’augmentation des charges, notamment du RSA. « On augmente les dépenses de RSA de 1,7%, explique François Sauvadet. Dans mon seul département, ça fait un million d’euros à sortir, on ne peut pas tenir. » Le président des Départements de France ne voit pas comment faire face aux défis de demain. « Des ressources qui s’effondrent, des charges sociales qu’on continue de nous imposer, puis les défis qui sont devant nous, notamment la prise en compte du changement climatique et le financement des pompiers pour lesquels nous sommes le principal financeur », explique-t-il.
« Il faut vraiment arrêter de charger la barque », explique-t-il. Le gouvernement a autorisé l’augmentation du taux plafond des droits de mutation pour donner un peu d’oxygène aux départements, mais cette mesure reste limitée : « Tous les départements l’ont fait, mais pas de gaieté de cœur », mais « en réalité, les droits de mutation ne s’appliquent pas aux primo-accédants ». Bien qu’il y ait « une légère reprise des droits de mutation, nous n’avons pas retrouvé le niveau de 2019. On a une chute de nos ressources d’environ 20 à 30% », souligne-t-il.
Les conséquences sont immédiates. Ce sont moins de financements pour les routes, les collèges et les associations, notamment le Planning familial qui a vu ses subventions baisser dans plusieurs départements. « Vous n’avez plus de ressources, vous avez les dépenses qui augmentent. Vous ne pouvez même pas emprunter parce que vous ne pourrez pas rembourser », se désespère François Sauvadet.