Coût des canicules : la mission flash de l’Assemblée nationale rend ses conclusions

Les canicules de l’été 2026 auraient coûté 16 milliards d’euros au pays. C’est le principal chiffre avancé par Éric Coquerel (LFI), rapporteur de la mission flash sur le coût des canicules, en présentant les conclusions de ses travaux. Auditionné dans ce cadre, Départements de France voit plusieurs de ses propositions reprises dans le rapport,

16 milliards d’euros, dont au moins 2,5 milliards pour les acteurs publics

Le président de la commission des finances évalue le coût global des épisodes caniculaires à 16 Md€. Les acteurs publics en supportent au minimum 2,5 Md€. Pour mieux adapter le pays à ces épisodes, il appelle à engager entre 8,75 et 12,3 Md€ de dépenses publiques supplémentaires.

Ce chiffrage reste partiel. De nombreux acteurs publics ont jugé difficile, voire impossible, d’évaluer certains coûts dans les délais impartis. Face à ces difficultés, plusieurs administrations de l’État ont renvoyé vers les collectivités territoriales pour fournir des chiffres. Un constat qui illustre, une fois encore, le rôle de premier plan joué par les collectivités, et notamment les Départements, dans la gestion de ces crises.

Eric Coquerel recommande en conséquence de renforcer les moyens humains et financiers afin d’éviter que les lacunes constatées durant l’été 2026 ne se reproduisent.

SDIS : des moyens supplémentaires, qui doivent transiter par les Départements

Le rapport recommande de consacrer 500 à 600 M€ de crédits de l’État, sur la période 2027-2030, au pacte capacitaire afin de renforcer les moyens terrestres des SDIS. Départements de France salue cet effort mais demande que ce montant soit directement fléché vers les Départements, qui le reverseront ensuite au financement des SDIS. Premiers financeurs des services d’incendie et de secours, les Départements doivent rester au cœur de leur pilotage.

Le rapport propose relever de 6,45 à 10,45 points la fraction de taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) attribuée aux SDIS. Selon la mission, cette mesure apporterait entre 900 millions et 1 milliard d’euros de recettes supplémentaires par an pour conforter leurs ressources.

Pour diversifier ces ressources, le rapporteur retient également une piste évoquée par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France : une taxe additionnelle de 1 euro par nuitée dans les hôtels quatre et cinq étoiles et les palaces (recommandation n° 11).

EHPAD : des surcoûts déjà absorbés en partie par les Départements

Selon la mission, les établissements sociaux et médico-sociaux, dont les EHPAD, auraient supporté entre 260 et 520 M€ de dépenses supplémentaires cet été. Une partie de ces surcoûts a été couverte par les agences régionales de santé et les conseils départementaux, notamment par des crédits non reconductibles et des renforts estivaux.

Pour l’avenir, le rapport retient un besoin de 30 Md€ d’investissements publics d’ici 2050 pour adapter les établissements de santé et les EHPAD, alors que près de 90 % des chambres individuelles d’EHPAD n’étaient pas climatisées en 2022. Il préconise aussi 15 000 postes supplémentaires dans les EHPAD, soit 150 M€ par an (recommandation n° 35). Cofinanceurs de ces établissements, les Départements devront être pleinement associés à cet effort.

Ne pas oublier les élus locaux dans la gestion de crises

Sur la coordination des évacuations, la mission appelle donc à mieux anticiper la répartition des responsabilités, l’information des populations et la mobilisation des moyens d’évacuation.

Le rapporteur propose également de créer, après chaque incendie majeur, un guichet unique départemental placé sous la coordination du préfet pour accompagner les sinistrés.

 Souveraineté industrielle et réalité des coûts locaux

Répondant à la préoccupation de maîtrise des dépendances industrielles exprimée par Départements de France, le rapport préconise un soutien de 60 à 80 M€ sur deux ans pour développer une filière d’avions amphibies conçus et assemblés en France, en complément du prix d’acquisition des appareils.

Enfin, l’exemple de la Gironde illustre le poids de ces crises pour les finances locales. Le SDIS de la Gironde estime à 12 M€ ses dépenses supplémentaires, et le Département de la Gironde évalue ses coûts totaux à 9 M€, soit 0,5 % de son budget 2026. Des montants qui rappellent que l’adaptation au changement climatique ne pourra se faire sans des moyens à la hauteur pour les Départements.

Le rapport : http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/contenu/visualisation/1128589/file/communication_mi_flash_cout_canicule.pdf

 

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