Comment adapter nos interventions auprès de nos aînés durant les périodes de canicule ? Cette question va forcément continuer à animer les Départements dans les années à venir. Elle a été abordée à la rentrée lors d’un groupe de travail « Grand âge », organisé dans les locaux de Départements de France. Cet été, si les départements ont parfaitement su s’adapter à la situation et réagir au mieux, le Président de la Mayenne, Olivier Richefou, en charge des dossiers liés au grand âge à DF, alerte sur les personnes âgées isolées, plus difficilement identifiables. Il croit aussi profondément au Service public départemental de l’autonomie (SPDA), qui doit être, selon lui, le lieu de coordination dans chaque Département.
Cet été, la France a suffoqué. Comment les choses se sont-elles déroulées pour les résidents des Ehpad de votre département, la Mayenne ?
Olivier Richefou : c’est un sujet qui a en effet occupé l’actualité à plusieurs reprises cet été. Je voudrais vraiment saluer la mobilisation de tous les acteurs. Grâce à eux, les choses se sont globalement plutôt bien passées. Parce qu’on a la chance dans nos Départements d’avoir des équipes, dans nos services mais aussi dans les établissements, qui ont su s’adapter à cette poussée de chaleur, que l’on craint tous. Et grâce à la mobilisation, la concertation, le travail en équipe, chacun s’est organisé. Nous avons la plupart du temps, nous, conseil départemental, tenu des réunions de pilotage, en lien avec l’agence régionale de santé (ARS) pour faire des points réguliers et s’adapter. L’épisode de cet été révèle qu’il faut continuer à adapter les bâtiments et à se doter de moyens matériels supplémentaires pour faire face à ces excès de chaleur.
Pourquoi cette thématique était-elle au menu du GT Grand âge du mercredi 2 septembre ?
Olivier Richefou : globalement tous les Départements ont été concernés par ces excès de chaleur. Le groupe de travail Grand âge a été l’occasion de recueillir la parole. J’observe que globalement, il n’y a pas eu beaucoup d’appels cet été sur le sujet de la part des départements. Cela démontre que l’agilité de nos équipes a été à la manœuvre.
Est-ce que vous pouvez nous donner des exemples concrets d’initiatives mises en place cet été dans les Ehpad pour faire face à la chaleur ?
Olivier Richefou : dès le début le Gouvernement est intervenu pour dire qu’il prendrait en charge, dans le cadre d’une enveloppe de 50 millions, qu’il a doublé après, les équipements nécessaires. Sauf qu’il n’a raisonné que sur les Ehpad. Or les personnes âgées ne sont pas toutes en Ehpad. Nous avons demandé au Gouvernement de regarder s’il ne pouvait pas étendre sa mesure aux autres lieux d’accueil de personnes âgées. Pas le domicile, bien évidemment, car ça paraît difficile, mais peut-être les résidences autonomie, qui sont des lieux, où quelques fois aussi il y a des forfaits soins et donc des interventions de l’ARS. Ce sont des points de discussions que nous tentons d’avoir avec le ministère. On a aussi eu des Ehpad qui se sont renforcés sur le plan des ressources humaines pendant les jours de fortes canicules avec un engagement de prise en charge de la part du Gouvernement. Nous, nous avons fait en sorte quelques fois dans les Départements, d’adapter notre plan d’accompagnement en acceptant que les services d’aide à domicile interviennent davantage pour prendre soin de la personne, en faisant par exemple moins de ménage. Tout le monde a su s’adapter et on a démontré tous ensemble qu’on était capable d’aller au-delà. Le plus préoccupant pour moi ce sont les personnes âgées qui ne sont pas identifiées. Celles qui sont à domicile, isolées, et celles-là sont les principales victimes. C’est sur ce sujet là qu’il faut travailler.
La population est vieillissante, il va faire de plus en plus chaud à l’avenir… Ces dossiers vont-ils devenir prioritaires pour les Départements ?
Olivier Richefou : on voit bien que le cycle de réchauffement s’accélère. C’est un dossier qu’il faut prendre en charge, il faut continuer d’adapter les habitats pas seulement au froid, mais aussi à la chaleur. Un décret est sorti récemment pour qu’à partir de l’an prochain on puisse communiquer aux centres communaux d’action sociale (CCAS) l’identité des personnes fragiles. Mais on voit bien qu’ensuite la mise en œuvre n’est pas si facile. Moi je crois beaucoup au Service public départemental de l’autonomie (SPDA), qui dans chaque Département doit être le lieu de coordination avec ensuite une déclinaison par territoire. Il faut sans doute aussi qu’on se prépare à ce modèle notamment sur les sujets de fortes chaleurs.