François Bayrou a confirmé mi-juillet un plan d’économie de 44 milliards d’euros dans son projet de budget. Quelles sont les conséquences de cette mesure dans le domaine de l’éducation, alors que la baisse des dotations pour les collectivités s’élève à 5,3 milliards d’euros ?
Ce scénario sera le même dans les 4 300 collèges de France. Dans le département de l’Essonne par exemple, sur les 8 nouveaux collèges qui devaient être construits d’ici 2028, seuls deux ou trois devraient voir le jour. De son côté, le département de la Meuse expérimente les regroupements : avec une école primaire et un collège sur le même site, il espère ainsi réduire ses coûts.
Enfin, du côté des lycées, le constat est le même : avec des dotations annulées, des travaux reportés dans les établissements en mauvais état, ainsi que des économies sur le chauffage et les fournitures scolaires… puisqu’il est déjà demandé aux enseignants de rationaliser leurs photocopies.
Face à ces mesures d’économies, quelles sont les leviers dont disposent les collectivités ?
Face à la multiplication des plans d’économie imposés par l’état aux collectivités ces dix dernières années, il devient de plus en plus difficile pour elles de trouver des solutions. Résultat, certaines communes n’excluent pas de devoir augmenter leurs impôts locaux, comme la taxe foncière. Notamment, celles qui se situent en zone rurales et qui ont moins de moyens.
L’éducation représente en effet jusqu’à 25% de leur budget. Soit des centaines de milliers d’euros pour les villes moyennes et des millions pour les grandes villes comme Paris, Lyon et Marseille.
Les collectivités pourraient également revoir les modalités des tarifs de la cantine, y compris pour les familles les plus modestes, craint Youssef Souidi, économiste à l’Institut des politiques publics : « Beaucoup de collectivités utilisent une tarification progressive en fonction des revenus. En gros ,vous donnez votre caution familiale et si vous êtes un peu plus haut vous avez des tarifs de cantine moindre. Et ces baisses de dotation pourraient pousser les collectivités locales soit à augmenter de manière générale, par exemple, les tarifs de cantine, ou alors même à supprimer cette tarification progressive selon les revenus. Et un rapport qui date d’il y a une dizaine d’années sur la grande pauvreté montrait qu’il y a beaucoup d’élèves pour lesquels la cantine peut être l’un des seuls repas qu’ils ont dans la journée ».
Enfin, hors micro, certains élus nous ont confié qu’ils avaient reçu des consignes du ministère de l’Éducation, leur demandant d’annuler une partie des établissements scolaire qu’ils prévoyaient de construire. Un choix que justifie la rue de Grenelle par la baisse démographique, puisque d’ici 2030, il y aura, dans les collèges, 7 % d’élèves en moins.