Maison France Autonomie : mais que cherche le gouvernement ?

À l’occasion d’un déplacement dans le Pas‑de‑Calais le 24 avril dernier, Camille Galliard‑Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées, a évoqué plusieurs orientations relatives à la politique du grand âge, parmi lesquelles la transformation de l’appellation des Ehpad en « Maisons France Autonomie ». Cette annonce suscite des interrogations, tant sur le fond que sur la méthode.

Sur le fond, Olivier RICHEFOU, président du Département de la Mayenne et président du groupe de travail « grand âge » de Départements de France, apporte une appréciation nuancée : « Le changement de nom peut répondre à la volonté de faire évoluer des représentations parfois dégradées des Ehpad et s’inscrire dans les transformations engagées par le secteur. Mais changer les mots ne suffit pas à changer la réalité. Plus qu’un effet d’annonce, le secteur attend des réponses structurelles ».

Départements de France rappelle que les Départements sont clairement identifiés comme les chefs de file des politiques d’autonomie. « Ce changement d’appellation ne règle en rien les enjeux de gouvernance et de financement, pas plus qu’il n’efface les renoncements successifs aux plans “grand âge” annoncés ces dernières années ».

Olivier RICHEFOU appelle également à la vigilance quant à la portée concrète de cette évolution : « Si cette nouvelle appellation devait s’apparenter à un label, il faudra être très attentif à ce qu’elle recouvre réellement : quels standards de qualité, quels moyens, et quelles garanties pour les résidents comme pour les professionnels ? ».

Sur la méthode, Départements de France exprime de vives réserves et regrette d’être trop souvent informés de ces décisions par voie de presse, sans concertation suffisante avec les acteurs de terrain. Face au mur du grand âge, il est indispensable d’avancer avec des mesures fortes, concrètes et durables. Les Départements sont prêts à prendre toute leur part, dans une relation fondée sur la confiance, le respect et la coopération avec l’État.

« Le véritable enjeu est notre capacité collective à faire face au vieillissement de la population et à en assurer le financement. Cette opération de communication est insultante pour les Départements et ne règle pas le problème de fond. Ce n’est pas en ripolinant une activité et en mettant France devant que l’on va être plus efficace. À force de prétendre tout savoir-faire, l’État ne fait plus rien correctement au plus grand désespoir de nos concitoyens. Les réponses ne peuvent être uniquement descendantes ou uniformes, la centralisation n’a jamais produit autre chose que de la sclérose. On ne réglera pas le problème du vieillissement de la même manière en Seine‑Saint‑Denis que dans le Cantal. Cela suppose du dialogue et de la co‑construction avant de faire des effets d’annonce déconnectés de la réalité du terrain », renchérit François SAUVADET, président de Départements de France face aux annonces de la ministre.

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