Présent ce vendredi à Albi, dans le Tarn, à l’occasion des assises de l’Assemblée des départements de France (ADF), le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis un soutien supplémentaire de 600 millions d’euros de la part de l’État pour aider les conseils départementaux en difficulté en 2026. Satisfait, le président de l’ADF, François Sauvadet, reste toutefois prudent et enjoint les parlementaires à valider le budget, avec cette enveloppe.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, était attendu de pied ferme ce vendredi à Albi, dans le Tarn, où se déroulaient cette semaine les assises de l’Assemblée des départements de France (ADF). Face à lui, des présidents de conseils départementaux remontés comme des pendules, alors que la pression financière pèse de plus en plus sur des collectivités qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise, notamment à travers le financement du RSA, de la protection de l’enfance ou du handicap.
Des prestations sociales dont le nombre de demandeurs explose, là où les dotations de l’État se réduisent d’année en année. Au point de mettre en péril la pérennité financière de plus de la moitié des départements français , selon le président de l’ADF, François Sauvadet. « Il y avait 14 départements en difficulté il y a deux ans. À la fin de cette année, 54 vont se trouver au niveau du seuil d’alerte des 7 % de marge brute. Et certains même en marge brute négative », a rappelé ce vendredi le président du conseil départemental de la Côte-d’Or, face au chef de l’exécutif. « Les chiffres sont là, incontestables et incontestés : l’État nous a imposé 6 milliards d’euros de dépenses nouvelles en deux et demi ; quand, dans le même temps, nous avons perdu 8,5 milliards d’euros de recettes. »
J’appelle les parlementaires à faire preuve de responsabilité
François Sauvadet, président de l’Assemblée des départements de France
Le message ayant visiblement été entendu par Sébastien Lecornu, lui-même ancien président du département de l’Eure, François Sauvadet se montrait en partie rassuré vendredi après-midi, après le discours du Premier ministre. Tout en restant prudent. « Je crois qu’il nous a entendus, en annonçant, comme nous le souhaitions, 600 millions d’aides à destination des départements les plus fragiles. Maintenant, j’appelle les parlementaires à faire preuve de responsabilité à voter en faveur cette enveloppe. Sans quoi ils devront rendre des comptes auprès des populations qui seront directement impactées, si les départements ne reçoivent pas cette bouffée d’oxygène pour maintenir la tête hors de l’eau. »
Autre bonne nouvelle pour l’ADF, la promesse d’une réduction des prélèvements du DILICO (dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités). Un fonds qui consiste à prélever de l’argent aux collectivités les plus riches, pour en redistribuer aux plus pauvres. Et qui devait impacter les conseils départementaux à hauteur de 280 millions, selon la première mouture du budget 2026.
Vers une départementalisation des Agences régionales de santé ?
Une baisse toutefois insuffisante, aux yeux de François Sauvadet. « Je continue de demander la suppression du DILICO. Car il n’y a plus de départements riches. Et parce que c’est une mesure profondément injuste, qui vise à prélever les conseils départementaux pour redresser les finances de l’État, sur des dépenses que l’État, lui-même, nous impose. C’est ubuesque. En revanche, je suis satisfait des perspectives ouvertes par le Premier ministre sur la décentralisation. Notamment le financement durable et pérenne, par une part de CSG, d’actions sociales pour lesquels les départements doivent continuer d’être des acteurs majeurs. Mais aussi cette ouverture sur la réforme et la départementalisation des Agences régionales de santé (ARS). Tout cela contribue à fixer les départements comme les cadres de la proximité et c’est un signe de confiance du gouvernement. »
Source : Côte-d’Or. Les départements obtiennent une rallonge de 600 millions d’euros